03 [Tiers-lieux] Pourquoi le coworking ?

[Note de synthèse] Pourquoi le coworking ?

En France, 55 % des tiers-lieux disposent d’une fonction de coworking. Loin de se réduire à une activité de location, le coworking y constitue une infrastructure centrale : il assure la soutenabilité économique du lieu, le fait vivre au quotidien et permet à la programmation culturelle de s’ancrer dans le territoire.

1. Pourquoi le coworking est-il nécessaire aux tiers-lieux ?

A. Une ressource structurante : stabiliser le modèle économique

Le coworking vient compléter les subventions publiques, qui représentent 49 % du chiffre d’affaires cumulé des tiers-lieux, et compenser l’irrégularité des recettes tirées des événements culturels. Perçus à la semaine ou au mois, ses revenus sont réguliers et prévisibles : ils forment un socle économique qui permet à la programmation culturelle de s’inscrire dans la durée.

B. Une infrastructure locale : coopération et ancrage

Le coworking offre aux travailleurs indépendants, aux start-up et aux créateurs les conditions nécessaires pour exercer leur activité sans quitter leur territoire. Au-delà des rencontres fortuites, il favorise l’élargissement des réseaux professionnels et l’acquisition de nouvelles compétences, et contribue à constituer une base économique territoriale plus autonome.

C. Une occupation quotidienne : donner son rythme au lieu

Grâce au coworking, le tiers-lieu ne s’ouvre plus seulement à l’occasion d’événements. Habité du matin au soir par des salariés, des étudiants, des demandeurs d’emploi et d’autres usagers, il devient une infrastructure vivante. C’est cette présence quotidienne qui permet aux habitants de le percevoir comme un lieu ouvert et accessible.

2. Comment le coworking devient-il un espace culturel ?

C’est par les compétences des résidents, la reconfiguration des temporalités et la polyvalence des espaces que le coworking, base d’activité, devient un espace de publicisation culturelle.

A. Les espaces du quotidien, lieux d’exposition et de résidence

Couloirs, parties communes et salles de réunion peuvent accueillir de petites expositions ou des résidences d’artistes locaux. En associant temps de travail et temps d’ouverture au public, ils permettent d’attirer tout naturellement des visiteurs extérieurs.

B. Les compétences des résidents au service du territoire

Les compétences des développeurs, designers, artisans et autres résidents peuvent être mobilisées pour proposer régulièrement aux habitants des ateliers de création et de pratique : design, édition, fabrication, initiation à la culture maker, etc.

C. Des usages qui évoluent selon les temporalités

Espace de travail le jour, le lieu peut se transformer le soir ou le week-end en petite salle de concert, en ciné-club, en lieu de lecture publique ou de débat. Cette modularité renforce son caractère hybride.

D. Un discours sur le territoire et des formes médiatiques

En s’appuyant sur les réseaux internes du coworking et sur les savoirs qui y circulent, le lieu peut accueillir des forums, des clubs de lecture ou des discussions sur les enjeux du territoire. Il peut aussi produire des podcasts, des magazines locaux ou d’autres supports médiatiques pour diffuser la culture au-delà de ses murs.

E. Une condition essentielle : hospitalité et médiation

Juxtaposer un coworking et quelques événements culturels ne suffit pas. Encore faut-il penser l’accueil des non-résidents, nouer des partenariats avec les acteurs locaux et pouvoir compter sur des personnes chargées de coordonner concrètement cette médiation.

Conclusion

Dans un tiers-lieu, coworking et programmation culturelle ne relèvent pas de deux domaines séparés. Le coworking pose le socle économique et temporel du lieu, en rassemblant des personnes et des ressources. La programmation culturelle, elle, ouvre ce socle sur l’extérieur et forme de nouveaux publics. C’est en articulant les deux que le tiers-lieu peut pleinement fonctionner.